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 Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)

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pao
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MessageSujet: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Ven 10 Mar - 17:05

Voila un écrit que j'ai commencé ( j'en fais plein en meme temps je sais )

Bien , cette fois-ci, ce n'est qu'une histoire et non pas des petites péripéties indépendantes. Elle n'est pas encore achevée ( loin de là )
Voila , en gros, ce que racontera toute cette histoire qui s'intitule " capsule et spirale" ( résumé que j'ai repris de mon site je voulais pas le rédiger à nouveau )

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Voici une histoire que je suis en train d'écrire et qui raconte la vie d'un jeune homme, Simon, désireux de se connaitre soi-même. Ce désir l'obligera à sortir de sa bulle, de son état solitaire pour goûter à la vie en société avec tous les délices que l'on y trouve, mais aussi les nombreux dégouts. Il se demandera également quel est le but de sa vie, quel chemin doit il suivre pour ne plus "tourner en rond"? Ce personnage, en se rememorant son passé et en concevant son avenir, essaiera d'édifier son propre parcours initiatique afin de connaitre toutes les difficultés et les plaisirs de l'existence.
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Et maintenant je vous propose le début de cette histoire. c'est assez court, car je n'ai pas envi de broder cet écrit de descriptions abondantes et inutiles.

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La dernière passivité


Il faisait nuit depuis quelques heures. Simon n'arrivait pas à dormir. Comme à ses habitudes, il essaya d'écrire quelques mots. Le sens n'avait pas d'importance, il voulait juste éprouver la sensation de créer quelque chose. Il pensait que, si son esprit créatif s’éveillait enfin, il pourrait retrouver le sommeil qu’il avait perdu depuis trop longtemps. L’air hésitant et d’avance empli d’amertume, il s’installa sur sa table de travail et prit son carnet de note. Cette nuit-là, rien n’avait changé, Simon ne savait pas poser les mots sur le papier. La moindre tentative se soldait par un échec, le moindre mot était barré ou gravement gribouillé. La page était jonchée de ratures, de signes qui montraient un manque d’inspiration manifeste. Malgré tout ce déluge de marques hésitantes, Simon devait se l’avouer, sa page était vierge, elle ne dévoilait qu’une vérité incertaine, moche et agressive.


Il prenait ses tentatives d’écriture comme une insulte à l’art lui-même dont l’objet, pensa-il, était de montrer la beauté de la vérité, ou du moins ce qui en avait l’apparence. Devant ce moment pathétique, le jour commença son éveil alors que les paupières de Simon se faisaient attaquer par la lourdeur du sommeil. Ce court instant aurait suffi à résumer l’histoire de sa vie. Toujours en retard avec une individualité émotive en constante opposition avec le sentiment général. Le tout était heureux, Simon était la partie attristée, là où il n’y avait que rire, il apportait l’humidité d’une larme.


Mais il avait le choix, les dés n’étaient pas jetés. Il pouvait encore décider de se mêler au monde, de cesser cette spirale sans but, de sortir de sa capsule pour découvrir les joies de vivre en société. Toutes ces idées ne lui vinrent pas spontanément. Simon s’endormit sur la page vierge. À son réveil, chacune de ses rayures parsemait sa joue encore imberbe.

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Ce soir, je posterai la suite sur le forum ( voire demain ) je voudrais pas vous suffoquez en lachant tout d'un bloc lol.


Dernière édition par le Mar 4 Juil - 1:26, édité 1 fois
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Libellule
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Ven 10 Mar - 18:01

ça sens le récit dépréssif à plein nez ça ...
je ve la suite ><
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Ven 10 Mar - 19:56

mdr non c'est pas vraiment dépressif ^^
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Ven 10 Mar - 20:21

lool oki, j'dis ça parce que j'ai l'habitude moi aussi de commencer mes fic comme ça et puis, ça fini toujours en truc dépressif.... va savoir pourquoi >>""
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 11 Mar - 0:08

bon allez je poste la suite.

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Le premier pas


Un dimanche matin, alors que les cloches chansonnaient avec fierté le jour du seigneur, Simon gardait les yeux rivés sur sa fenêtre en écoutant le tambour timide de millier de gouttes d’eau qui tombaient du ciel. Il faisait triste, mais un étrange soleil semblait animer chaque personne. L’approche de la messe, probablement.


Des pas légers mais emplis d’entrain se firent tout à coup entendre. Ils montaient l’escalier à une vitesse folle. Simon ne bougeait pas, il connaissait ce bruit. C’était sans nul doute sa mère qui venait l’avertir de leur retard ou plutôt de leur possible retard car il était fréquent dans cette famille d’avoir des problèmes de ponctualité sans que ces derniers n’aient, quelquefois heureusement, certaines exceptions. De manière légère mais incroyablement sincère, Simon pensait alors que, même sur le plan des défauts, sa famille était imparfaite.


« Simon, nous risquons de rater le début de la cérémonie, dépêche-toi mon chéri. »
« Mère, je me sens légèrement mal à l’aise. Ma gorge me brûle et avec cette pluie, ça ne peut que s’aggraver. »
« Je préfère la sincérité au mensonge, tu le sais bien. Si tu ne veux pas venir, tu n’as qu’à me le dire. »
« Non mère je vous… »


Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Sa mère haussa la voix d’un ton colérique.


« Arrête de me vouvoyer et de m’appeler mère ! Nous ne sommes pas une famille du XIXe Siècle. Alors, je t’en supplie, comporte-toi de manière sensée comme ceux de ton age. »
« Je me sens mieux en parlant comme ça »
« Ce n’est pas la manière de parler en elle-même qui te rassure, mais le fait qu’elle t’éloigne de tes proches, de l’extérieur ».
« Et alors, car vous vous estimez proche de moi, papa et toi ».


Considérant cette réponse comme le fruit d’une crise d’adolescence retardée, sa mère eut une réponse brève et catégorique.


« Bien, je n’ai pas le temps de rester davantage avec toi. Je suis mécontente de t’avoir énervé mais heureuse de t’avoir entendu me tutoyer. Pour commencer la journée, c’est une bonne chose. »


Simon ne répondit pas, ses yeux s’en retournèrent à la contemplation de la pluie. Avant de partir, sa mère lui dit un dernier conseil.


« Il reste un peu de grignotage sur la table de la cuisine. Si tu as faim tu n’as qu’à te servir ».


Sur ces paroles, elle referma la porte. Cette discussion, courte mais dense, avait ébranlé Simon. Il voulait dorénavant réfléchir sur lui-même et sur ses nombreuses pages blanches qui étaient à l’image de sa vie présente, complètement vierge. Sa mère avait raison, cette envie brûlante de réflexion était une bonne chose. C’était un premier pas.
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 11 Mar - 14:22

J'ai lu ces histoires mettant en scène Simon sur ton site il y a quelques jours et je les trouve excellentes, j'ai donc hâte d'en voir la suite. Entre ça et tes absurdités, il y a de quoi lire!

J'aime beaucoup ton style, léger et grave à la fois (tu ne serais pas le fils de Milan Kundera par hasard?). Wink lol!

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 11 Mar - 15:12

Merci algu ^^ c'est super gentil.

Voici à nouveau Simon ^^

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La première réflexion.

Réflexion, voilà un mot auquel Simon n’avait jamais pensé. Pour une personne comme lui, qui se contenter d’observer et d’agir en conséquence, le mot réflexion susciter beaucoup d’interrogations.


Qu’est-ce que réfléchir ? Et pourquoi en avoir tant envie maintenant ? Se demandait-il. Mais notre bambin a très vite appris, à ses dépens, ce que signifiait l’acte de réfléchir. Il repensait à ses choix passés, ses goûts, ses remords, ses plaisirs, ses fautes et ses réussites. Simon le savait maintenant, réfléchir, c’est retourner dans le passé. C’est comme marcher à l’envers dans notre cerveau pour prendre pleine conscience de tous les panneaux, flèches et indications qui ont dicté notre conduite. Une marche en arrière, quel problème pour Simon qui n’en était qu’à son premier pas.


En fouillant dans les profondeurs de son crâne, Simon ne trouvait que des visages aux expressions diverses, des gestes d’une banalité si flagrante qu’il en venait à se demander pourquoi ils avaient tant d’importance. Il y trouvait des gentillesses, des minauderies, des pleurs, du réconfort et des conseils.
Il se souvenait de sa mère et de ses petites attentions maternelles. Laisser une ou deux bougies allumées pendant les nuits sonores et orageuses. À son père qui jetait un coup d’œil caché aux chaussures de Simon avait une quelconque montée d’escalier, juste pour s’assurer que les nœuds ne se baladaient pas. Il y avait bien d’autres gentillesses, si discrètes qu’elles lui paraissaient imperceptibles. On réfléchissant, Simon arrivait presque à les palper.


Contrairement à ce qui pensait, cette maison était remplie de tendresse. Les gens se plaisent à dire que les choses les plus proches sont toujours les moins remarquables. Quant à celles qui sont en nous, on en ignore l’existence.
Ses parents, ses amis, tout le monde étaient réunis dans la tête de Simon. Mais il en manquait un, lui. Solitude, enfermement volontaire, timidité maladive. Voilà autant de maux qui qualifiaient Simon.
Quelle aurait été la fin de cette réflexion, si ce n’est l’éclaircissement de ces défauts ?
Ce qui paraissait limpide pour Simon, jusqu'à maintenant, c’était que tous ses malheurs venaient des autres. On avait tous une part de culpabilité envers Simon. Sa tristesse, son désespoir ne pouvait avoir surgi par magie. Il y avait bien une cause à tout ça. Bien entendu, cette cause ne pouvait être qu’autrui avec son égoïsme et son égocentrisme. Son manque de sensibilité, de communication faisait beaucoup de tort à Simon. Ceci ne pouvait être que l’unique cause valable. C’est ce qui pensait.


Il n’y a pas de meilleur médecin que la réflexion, ni de meilleur assassin.
Médecin, car Simon était rassuré. Ce n’était pas lui, c’étaient les autres. Tous ces petits diablotins qui ne pensent qu’à élargir leur champs de manipulation et de pouvoir où un innocent comme Simon ne pouvait que subir les pires tortures morales. Ah, quelle bonne chose que la réflexion ! Grâce à elle, Simon savait qu’il était une victime. C’était une évidence pour lui.
Mais dans toute cette belle histoire, il y avait un bémol, une légère contrariété. La médecine soigne, mais elle est aussi la cause des effets secondaires les plus indésirables. L’assurance que Simon avait gagnée par sa position d’innocence touchait à sa fin. Il avait amorcé une réflexion, il fallait la finir jusqu'à bout. Le sentiment d’innocence n’était qu’une anesthésie, la seringue réflexive allait maintenant piquer Simon pour le contaminer avec le plus mortel des venins. Le poison, une fois libéré, aller lui faire entreprendre sa propre quête identitaire et lui insufflerait une maladie mortelle, sans traitement, la vie.
Sans plus attendre, le venin se baignait dans les veines, l’agitation sanguine lui donnait un coup de pompe en plein cœur. La peau commençait à former des dunes, Simon avait froid. Le corps avait peur, mais le venin ne touchait que l’esprit. La réflexion était à l’intérieur et apaisa la froideur de l’épiderme en faisant couler une mince larme chaude sur sa joue rouge.
Le voilà empoisonner du désir de devenir une personne qui lui est inconnue, lui-même.
La conviction d’être une victime innocente était bien loin. En fait, elle n’était plus que la moitié de la vérité.
Simon était bien une victime, victime de son propre comportement négationniste, de son nihilisme puéril, de son pessimisme fatigant, de son cynisme douteux. Pendant des années, il avait peur, peur que l’on s’intéresse à lui, qu’on l’aime et le chérisse. Car il est vrai que tout cela demande du courage, et Simon n’était pas courageux.
Sa réflexion l’avait mené à cette conclusion affreuse sur sa personne. Il n’était qu’ennui de l’esprit, passivité méprisable.
Voilà à quoi l’on se risque lorsque l’on marche à l’envers. On trébuche et l’on souffre.


C’était difficile, mais ne t’en fais pas Simon. Cette réflexion a fait naître quelques douleurs, mais c’était le meilleur remède pour ta situation présente et c’est de loin le meilleur vaccin pour commencer ton avenir.

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 11 Mar - 17:17

il revient demain simon ?

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 11 Mar - 17:30

simon fan club lol. Il va bientot revenir j'adore ce tit homme

Edit: la suite demain sans faute Wink
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Dim 12 Mar - 3:28

Voila la suite.
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La première sortie

Une nouvelle semaine s’apprêtait à commencer. Ce dimanche laborieux avait tué une partie de Simon. Il se sentait revivre. Sa réflexion avait montré du doigt ses défauts les plus détestables, il voulait dorénavant montrer qu’il pouvait être différent. Un nouveau Simon était sur le point de naître. Il pensait que c’était un lundi renaissant, idée presque puérile et naïve, mais qui le rassurait profondément.

Ce jour-là, il s’habilla et se leva en hâte. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre comme si c’était la dernière fois. Il n’y avait plus de traces d’eau, les flaques avaient été absorbées, le dimanche était définitivement parti. Il prit un sac avec un peu de monnaie, ouvrit la porte et s’engagea dans l’escalier. Son père n’était déjà plus là, il ne restait que son assiette et quelques restes de son petit déjeuner.

« Simon, tu as faim j’espère. Assis-toi mon chéri et s’il te plait, essaye de manger un peu. »

Simon n’avait jamais faim le matin. Il lui arrivait de boire un verre de lait, mais le moindre morceau de nourriture était rejeté par son organisme. Il n’avait pas d’explication à ce phénomène. C’était comme ça.

Il s’assied devant son verre comme d’habitude, sa mère se tourna vers lui et lui déposa timidement une tartine sur la table. Il avait fini son lait, il lui restait le choix, prendre ou pas la tartine. Choix tout à fait ridicule mais qui avait une grande importance pour sa mère. Elle ne supportait pas de le voir partir le matin sans manger. Simon ne comprenait pas pourquoi une chose si risible était si essentielle pour elle. La réponse est simple, c’est sa mère. C’est tout.

Il prit finalement la tartine et tourna les yeux vers sa mère, heureuse de son choix.

« Maman, je ne mangerai pas avec papa et toi ce midi. J’aimerais me promener un peu »
« Tu as raison. Tu es resté trop de temps enfermé ces temps-ci. Puis avec ce soleil, c’est le jour idéal pour se détendre. Il doit rester un peu de monnaies sur la table de la salle à manger. En passant, tu n’as qu’à te servir. »

Simon la remercia avec un sourire et prit la direction de la porte d’entrée. Sa mère était plus qu’heureuse. Son fils avait mangé et l’avait tutoyé. Beaucoup de personnes auraient trouvé la situation ridicule, mais elle n’y pensait pas. C’était son moment de bonheur. Il n’y avait rien à rajouter.

Simon marcha le long de son allée. En ce jour, il décida de faire abstraction de ses obligations scolaires. Il y avait plus important. Il voulait marcher, sauter, courir…. Il se sentait bien, il respirait cet air qui avait encore toute la fraîcheur de la pluie. Il ne tenait pas en place. Il montait sur les bancs, saluait les passants. À chaque réverbère rencontré, il entourait de l’un de ses bras et tournait autour comme un danseur. Il ne savait pas d’où lui venait cette énergie, les gens le regardaient, en souriant devant toute la vitalité de sa jeunesse.

Les heures passèrent et Simon n’avait pas cessé de parcourir rues, ruelles, parcs… Tout le village avait goûté ses pas remplis de fantaisie et de rebondissements.

Il était maintenant midi. Simon sortit de sa poche les quelques piécettes qu’il avait. Il entra dans le premier restaurant à sa portée. Heureusement pour lui, les prix y étaient abordables.

C’était un petit restaurant très calme, il pouvait accueillir une vingtaine de personnes tout au plus. Il s’assied à une table au centre de la pièce, il ne voulait pas s’isoler dans un coin. Il voulait voir les clients et il voulait que les clients le voient. La serveuse lui apporta la carte, mais il la refusa. Il avait pris connaissance des menus sur l’ardoise, devant l’entrée du restaurant.

« Ce n’est pas la peine, je prendrai juste une salade s’il vous plait »

La jeune fille lui fit un oui de la tête et s’en alla communiquer la commande. Une salade… Un maigre déjeuner pour un jeune garçon qui s’est autant dépensé. Il est vrai que Simon s’était dépensé, mais il n’avait pas beaucoup à dépenser dans ce restaurant. Avec son peu d’argent, une salade était le seul choix possible.

Dans l’attente de son plat, Simon regarde autour de lui. Le restaurant était presque plein. À sa droite, il y avait une table avec trois hommes âgés et barbus. Ils riaient et parlaient gravement, avec bruit et sans pudeur. Le père de Simon appelait ce genre de personne des « bons vivants ». Quant à sa mère, elle disait que c’était des rustres. Question d’opinion, sans doute.

Malgré leur manque de discrétion, Simon oublia vite ces trois personnages. Il y avait un homme sur la table de gauche. Celui-ci n’avait rien d’extraordinaire, mais allait devenir exceptionnel pour Simon. Notre petit homme remarqua rapidement un détail frappant. Cet homme, ce client, avait la même position que Simon. Les jambes croisées, les coudes sur la table et les mains réunies, comme pour une prière. À l’image de Simon, il avait un air rêveur et pensif. Il regardait dans le vide, mais semblait voir quelque chose. Le genre de chose qui force l’admiration. Simon était stupéfait. Cet homme ne lui ressemblait peut-être pas, mais ils étaient sûrement faits de la même manière. Les yeux de l’inconnu étaient emplis d’une admiration inexplicable, ceux de Simon d’une fascination formidable.

L’homme bougea tout à coup. La serveuse lui emmena sa note. Il paya sans perdre de temps, se leva et sortit, son manteau autour du bras. La flamme qui animait Simon fut soudainement éteinte. Il ne savait pas pourquoi, mais il aimait cet inconnu. Il lui manquait.

La serveuse arriva finalement avec la salade.

« Merci » dit Simon
« Bon appétit Monsieur » répondit elle

L’appétit, Simon l’avait perdu. Il se força pour manger quelques feuilles. Il n’arrivait pas à les avaler, il but alors quelques gorgées d’eau pour se faciliter la tâche.

Il ne perdit pas de temps. Pas question de prendre un dessert. Il paya. L’appoint tout juste. Il s’en alla sans dire au revoir.

Il était 14 heures, il ne pouvait pas rentrer chez lui. Sa mère aurait été déçue de le voir manquer l’école. Il ne voulait pas gâcher la joie qu’elle avait éprouvée le matin même par une déception en début d’après-midi. Simon était malheureux, mais il pensait au bonheur d’autrui. Il n’y a pas de doute, il devenait quelqu’un.

Il erra dans le village en repensant à ce client inconnu. Il y pensait avec une telle force qu’il se crut amoureux, ne serait-ce qu’un court instant.

Amoureux ? Pourquoi pas? Mais pour quelles raisons Simon ? Tu l’aimais pour ce qu’il était ou parce qu’il te ressemblait ?

Simon acquiesça de l’importance de cette question. Sans réponse, il retourna chez lui.

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 13 Mar - 13:36

Décidément ce Simon est toujours aussi intrigant, le plus extraordinaire est que lui et moi partageons quelques traits de caractère. Wink

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 13 Mar - 13:48

faudrait marquer " biographie d'algu"
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mar 14 Mar - 1:28

Non quand même pas...j'ai juste dit que Simon et moi avions quelques points communs, en tout cas c'est un personnage dont je me sens immédiatement proche. Mais ce n'est pas tout à fait moi non plus! Wink

Quant à celui qui serait assez dingue pour écrire une biographie sur moi, je lui souhaite beaucoup de plaisir...

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mar 14 Mar - 1:32

ahahahaha loool.

Allez on écrit tous un chapitre sur la vie d'algu ^^!
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mar 11 Avr - 14:25

ça fait un tit moment que j'ai aps reposté ici ^^. Voilà la suite.
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La première vieillesse.

La semaine, et les jours qui s’y coulaient, ne répondait pas aux espérances de Simon. Les minutes passaient sans réelle joie, mais n’étaient pas pour autant sources d’amertume. Il y avait de la neutralité dans l’air, une neutralité dans laquelle il n’était pas bon de se perdre. Ça rend l’individu impuissant, indécis la neutralité. Vaut mieux l’éviter.
En langage populaire, ou dans les basses couches de la société, on appelle ce genre de circonstance un « drôle de temps ». Une expression amusante dans la forme, mais dans le fond, quel ennui !
Force est de constater que la voix de la rue parle souvent fort, s’adressant à des sphères qui la trouvent futile, elle, la rue. Pourtant, il fallait s’y résoudre, ce petit dicton de ruelle avait sur Simon l’impact d’une vérité violente. C’était incontestablement un drôle de temps, et Simon s’était fait une belle farce en s’imaginant une semaine favorable.
En se baladant dans son village, on trouvait un nombre incalculable de cafés. Appelons ces endroits des « cafés » pour les quelques amoureux qui aimaient y prendre un verre la journée, et préférons l’appellation de « bars puants » pour les vieux et les hommes lâchement virils qui venaient s’y taper un petit canon, tard dans la nuit, où la pénombre dissimule mieux leur vice.
Simon n’était pas un homme, physiquement trop jeune et mentalement trop immature. Ce qui l’avait par contre, c’était la curiosité de la jeunesse et ce de manière excessive. Mais passons l’éponge, c’est un bon excès.
Il devait être 20 heures, ce n’était pas particulièrement tard mais c’est dans cette tranche horaire que commence les prémisses de la débauche nocturne. Les premières bouteilles d’alcool commençaient à se vider franc sec, des hurlements mi-joyeux mi-agressifs se mêlaient aux voix de plus en plus caverneuses. Pas de doute, l’alcool commençait à se réveiller, et avec elle son fidèle compagnon, le tabac. Bientôt on ne verra plus à une table de distance à cause de la fumée. À l’extérieur, on ne voyait pas à travers la pénombre, à l’intérieur, la fumée aveuglait. Finalement, les opposés peuvent se ressemblaient... Du moins presque, à l’extérieur, ça ne puait pas. Mais bon, on s’habitue à tout.
Une, deux, trois heures passèrent. Simon était resté assis, tout au fond de la salle, esquiché entre un portemanteau et un mur détapissé par le temps. Un portemanteau tout au fond, c’est une disposition étonnante pour un objet souvent placé près de l’entrée. En fait, cette place fut longuement réfléchie. Le patron avait très vite remarqué l’extrême politesse de ses clients, lorsque ces derniers se ruaient dehors pour dégueuler leur surplus d’alcool. À sa place initiale, le portemanteau ralentissait de quelques secondes l’accès à la porte d’entrée. Quand on est saoul et prêt à tout étaler par terre, quelques secondes suffisent amplement… La place de cet objet était alors calculée, certes ce n’était pas très pratique, mais cela favorisait la propreté de l’endroit. Quitte à se mettre minable, autant le faire de manière décente et civilisée. On n’est pas des bêtes.
Quoi qu’il en soit, Simon avait pris un coup de vieux cette nuit-là. Comme un vieux retraité, Simon était seul, abandonné. Il avait commandé une limonade, une boisson non alcoolisée dans un milieu propice à l’ivresse. Quel tocard ! Incontestablement, ce choix le rendait inférieur, ou du moins différent. Les autres le regardaient en jetant des coups d’œil qui avaient toute l’intensité d’un coup de poing. Des coups d’œil méprisants, l’air de dire : « Celui-là, c’est un précieux, regardez- moi cette tapette. »
Dans le nord de la France, une telle méprise n’aurait peut-être pas eu lieu. Simon avait entendu parler de Paris. Quelques échos charmants : à Paris on est plus tolérant, la culture y prime sur le rustique, on y aime l’art et les charmes mondains. Il n’était pas au courant que de tels échos avaient leur part de mensonge et de vérité trompeuse. Tout ce qui voyait, et c’était bien normal, c’était cette culture virilisée et masculine où le machisme était considéré comme une valeur morale. Simon était née là-dedans, dans cette bouse de préjugés et de lâcheté.
Heureusement, les temps changent, mais les mentalités… C’est une drôle d’époque. La fumée commençait à faire du tort à la santé du jeune garçon. Ses narines s’enflammaient, sa gorge était pégueuse et granuleuse à la fois, ses yeux l’irritaient… Il commençait à se donner des légers coups de poing à la poitrine, comme pour faire évacuer l’excès de fumée qu’il avait avalé malgré lui. Et dire qu’il restait passif et inflexible face à toute consommation, cela n’empêchait pas la dégradation de sa santé.
Finalement, tout le monde trinquait à cette soirée. Des verres s’entrechoquaient ; les buveurs étaient aux anges, et quant à Simon, sa santé trinquait seule dans son coin en encaissant les dommages.
Solitude et santé fragile, pas de doute, Simon était comme un vieux ignoré cette nuit-là. Un premier coup de vieux, en somme. Vraiment, Simon le pensait, cette soirée était drôle, mais pas dans le bon sens.
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mer 12 Avr - 0:18

Marrant ce passage, je vais finir par croire que tu as passé quelques soirées dans des bars miteux avant de le pondre. Quelque chose y sent le vécu en tout cas. Wink

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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mer 12 Avr - 0:52

faut se documenter un minimum
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 3 Juin - 2:16

aujourd'hui la suite, je viens juste de finir et j'ai eu du mal lol ^^

je la posterai dans la matinée ^^
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 3 Juin - 11:03

vivement cette suite
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Sam 3 Juin - 23:37

voilà la suite ( dsl pour les fautes me suis pas vraiment relu lol)

Le premier acte.

L’entrée du théâtre n’était pas donnée, mais Simon avait cette soif de spectacle. Il était en manque d’une chose qu’il n’avait jamais goûté mais dont il avait une envie folle. C’était sûrement par curiosité car il n’avait eu aucun rapport direct avec l’art jusqu’à cette journée. Il se contentait de lire quelques critiques de pièces, de regarder avec une certaine admiration attristée des photographies de costumes minutieusement élaborés. C’était donc avec cette excitation, certes puérile mais incroyablement humaine, qu’il décida de se présenter devant un théâtre pris au hasard. Il n’avait aucune idée de la pièce qui se jouait. Il voulait juste s’asseoir et regarder, et peu importe ce qu’on lui proposerait de voir. En revanche, ce qui savait avec certitude, c’était le coût exorbitant d’une telle soirée. Il en avait pris connaissance dans un journal que son père achetait quotidiennement. Cela lui demandait la totalité de ses économies et Simon ne savait en rien si le spectacle valait un tel sacrifice. Peu importe, c’était une prise de risque sans grande conséquence et se rassurer inutilement n’aurait servi à rien, la place était déjà payée maintenant. Il lui suffisait dorénavant de s’asseoir et d’attendre quelques minutes avant qu’il lui soit donné l’opportunité de contempler son premier acte.

Sur le siège d’à côté se tenait un homme ni vieux ni jeune, la cinquantaine probablement. Il était habillé d’un imperméable beige, avait une barbe de trois jours, les sourcils très prononcés et semblait regarder dans le vide. Il avait l’apparence des détectives solitaires comme on en croise dans les polars, à la fois inquiétant et rassurant, mystérieux mais avec une expression qui respire la rationalité. Il sentait le cigare, le tabac mouillé plus précisément. Une odeur insupportable mais qui cachait une autre odeur. Il y avait une senteur particulière qui gravitait autour de cet homme. Un parfum terriblement hypnotisant qui lui accordait une prestance certaine. Le genre de prestance que seule l’expérience permet. Le simple fait d’observer cet individu permettait à Simon d’en faire le portrait. C’était vraisemblablement un homme seul, qui a besoin de solitude pour exceller dans ce qu’il sait faire de mieux, il faisait partie de ces hommes très à cheval sur les principes, parfois en proie à une nostalgie qui le rendait austère ou à contre-courant des mœurs actuelles. Il était sévère mais juste, aimait posséder les êtres ou les choses, quelquefois pour les protéger, parfois pour les dominer naturellement. Il savait manipuler, il était persuasif, pire convaincant. Il avait une bouche à paroles brillantes, le front large et ridé marquant l’intelligence du raisonnement et la culture vécue. Il devait être un homme bruyant, le genre de personne aux éternuements caverneux, une langue râpeuse qui laissait échapper des mots trop organiques et une haleine putride mais bizarrement, froide.
La salle était maintenant plongée dans l’obscurité pour laisser place au spectacle. Au milieu des applaudissements ravageurs, Simon avait cru entendre une phrase provenant du siège voisin, « Moi aussi, je te connais … » Il ne savait pas si cette phrase lui était dédiée mais, au fond, il en était persuadé, cela frôlait l’évidence. La pièce commençait enfin. Sur scène, deux jeunes comédiennes, deux jumelles qui devaient avoir douze ans tout au plus. Il n’y avait pas de décor, tout était noir, seules ressortaient les deux filles et leur teint blanc fantomatique. Les deux protagonistes du spectacle étaient de profil, dos-à-dos en se tenant fermement la main, leurs yeux étaient clos. Un dialogue sortit de la pénombre et frôla mystérieusement les lèvres des jumelles, les paroles étaient mortes de toutes émotions:

« Je suis perdu »
« Mais je t’ai retrouvé »
« Je t’ai cherché, tellement cherché… »
« Mais je suis là, tu ne me vois pas ?)
« Si, je te sens, mais je ne t’ai pas trouvé, tu es venu à moi »
« Y’a t-il une si grande différence ? »
« Oui, je ne me sens plus perdue toute seule dorénavant. Tu m’as retrouvé, et nous allons nous égarer ensemble. »
« Non, à deux, on trouvera une issue »
« L’issue, nous l’avons trouvée. C’est parce que nous l’avons empruntée que nous sommes toutes deux égarées. »
« Mais sais-tu où nous sommes ? »
« Je n’en ai aucune idée, mais je me sens libre et légère »
« C’est vrai, libre et légère… Je ne pensais pas que la liberté était si effrayante »
« C’est la peur qui te pousse à me serrer la main si fortement ? »
« Oui »
« Tu n’as pas à avoir peur. Nous ne sommes pas si loin de chez nous »
« Mais je ne reconnais pas cet endroit»
« On est de l’autre coté de la vie, là où il n’y a aucun voile »
« J’ai l’impression de rêver, tout ceci n’est sans doute qu’illusion, je ne sens même plus mon corps »
« Ouvrons les yeux ensemble, nous ne sommes plus très loin de l’aube. »

Les dialogues énigmatiques n’en finissaient pas, toujours d’un onirisme ambigu qui déstabilisait Simon. Il n’y avait aucune mise en scène, les fillettes restaient immobiles, exceptées quelques mouvements. En revanche, il y avait sans cesse ces acrobaties linguistiques qui laissaient croire que la pièce avait dû être écrite par un dialoguiste fou ayant trop abusé des textes absurdes de Camus ou s’étant piqué aux derniers théories Freudiennes.

À la fin, tout le monde applaudissait tout en émettant son interprétation personnelle quant au sens de la représentation. Pour ce qui est de Simon, il était persuadé qu’aucun sens n’était à trouver. L’auteur était sûrement un paumé qui avait essayé médiocrement de mettre en scène l’échec de sa vie qu’il a trop longtemps refoulé. Simon se leva avec en tête ce bilan négatif. Il jeta un oeil autour de lui mais rien, son voisin était déjà parti.

Peut-être un jour le recroisera t-il. Dans une rue humide sûrement il se promènera, il aura la tête rivée vers le sol et les yeux qui poussent vers le ciel. Il errera sans arrêter et Simon continuera d’admirer en cachette ce connaisseur discret de l’âme humaine.


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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Mer 7 Juin - 14:29

La première nuit dévoilée

La soirée de Simon avait commencé en spectacle. La représentation théâtrale ne l’avait pas touché, au contraire elle avait gonflé d’anxiété. Les rideaux, la scène, les costumes, tout lui avait administré une pression asphyxiante. Il pensait à retourner chez lui, marcher le long d’un trottoir en respirant bien fortement, en éternuant volontairement quelquefois. Il arriva sur le trottoir d’une longue allée et vit que les réverbères donnaient à l’endroit une allure surnaturelle. Il y avait un éclairage ocre clair, qui coloré le lieu d’un orangé sec. L’orangé d’une peau de jeune clémentine que l’on a dépecée,jetée et qui, avec le temps, a doucement pourrie, et durcie. Les bancs, les grands portails résidentiels faisaient des ombres rectilignes sur le sol. Le tracé noir était franc, épais et menaçant. Le trottoir était comme une prison aux barreaux plats. Une cellule illuminée, ensoleillée et remplie de petites clémentines.
Mais au milieu de cette formidable prison tout en longueur, Simon vit deux silhouettes. De loin, il les entendait. Il y avait des rires aigus, des rires de jeunes filles. Elles avançaient, se tenaient par la main. Elles parlaient en chantant, mais ce qu’elle prononçait se noyait dans la nuit. Elles approchaient, leurs pas étaient lourds et légers. Ils résonnaient de toute part et aussitôt, quelque chose semblait les étouffer. Elles s’avançaient et Simon tentait de marcher en évitant les ombres tranchantes sur le sol. De loin, sa gestuelle lui donnait probablement un air fantasque. Si les jeunes filles le voyaient comme lui il les voit, il les aurait sans doute excitées.
Tout à coup, elles s’arrêtent. Simon aussi. Les trois jeunes enfants se regardent. Un silence écrasant s’installe. Il les regarde et ne peut distinguer que les légères vapeurs respiratoires qui se forment sous la fraîcheur de la nuit. Elles respirent de plus en plus vite. Simon arrive très nettement à le distinguer. De son côté, son cœur s’emballe. Les fillettes ne peuvent pas le deviner, pour ça il faudrait qu’elle entre en lui. Quelque part, c’était déjà fait.
Elles se mirent à bouger, à se mettre de profil, leurs mains toujours liées. Soudainement, Simon repensa au théâtre, à ces deux fillettes sur scène qui se tenaient dans cette position précise. Un dialogue vient casser le silence, comme une feuille vierge que l’on déchire d’un geste sec.

« Tu m’avais dit que l’aube n’était pas loin »
« La lumière est au bout du trottoir »

Les deux visages se tournent vers Simon.

« Qui est ce garçon qui nous regarde ? »
« De loin, je dirais qu’il s’appelle Clément »
« Pourquoi Clément ? »
« Je ne sais pas, il a l’air calme et pensif »
« Il est paralysé par la peur »
« Je sais, ça se voit »
« On pourrait aller à sa rencontre »
« Non, pour lui, nous n’existons pas. Rien n’a d’importance pour ce genre de garçon »
« Tout et rien à la fois »

Après ces paroles, l’immobilité recommença à inonder tout l’espace. Simon avait les yeux fixés sur ces deux visages siamois. Il avait remarqué qu’une fille avait une voix plus mature, des paroles plus directes. Il fallait prendre son courage à deux mains, continuer la marche et aller leur parler. Mais malheureusement, les approcher n’avait rien de facile. Au fil des pas, une petite brise se leva et des bruits sifflants et aigus gisaient des rues voisines. Les sifflements commençaient à former une mélodie. On aurait dit un son de flûte extrêmement gaie mais rapide et stressant. À la naissance de cette sonorité, les deux jeunes filles se remirent à chanter. C’était une comptine, tout ce qu’il y a des plus inoffensif dirons-nous.
À chaque pas de Simon, la cadence s’accélérait et les deux voix poussaient d’un degré supérieur dans les aigus. Il était maintenant à une vingtaine de mètres, devant un banc. Le bruit devint trop strident, avancer davantage lui était impossible. Il s’assit sur le banc, la musique prit fin. Pour la première fois depuis leur arrivée, Simon cessa de regarder les fillettes. Quelques secondes plus tard, le regard du jeune homme se redirigea vers les deux inconnues. Personne. Il se leva, affolé. Il n’avait entendu personne marcher ou s’éloigner. Il regarda autour de lui et les vit à nouveau, assises sur un banc du trottoir d’en face, exactement en face de lui.
La symétrie des jeunes filles était parfaite, même habillement, même posture, coiffure et expression identique. Leur regard était joueur et puissant à la fois. Elles fixaient Simon, ce dernier terrifié sur le moment. En simultanéité, elles lui sourirent. L’une des jeunes filles était orange, éclairée par un réverbère. L’autre se tenait dans une obscurité timide mais suffisamment prononcée pour la rendre inquiétante. La fille orangée prit la parole.

« Moi, je m’appelle Clémentine »

L’autre rajouta plus gravement

« On te connaît… »

Simon avait déjà entendu cette phrase. Il s’en souvenait très nettement, lorsque la salle du théâtre s’était assombrie pour laisser place au spectacle, une voix l’avait prononcée. Il prit la parole à son tour, en proie à une interrogation étouffante.

« Pourquoi ces paroles n’arrivent à moi que par l’obscurité ? »

À ce moment précis, les deux fillettes dirent à l’unisson, « l’endroit sans voile n’est pas loin, l’aube est au bout du trottoir »

Elles levèrent leur bras droit et montrèrent du doigt la direction dans laquelle Simon s’était engagé jusqu’à maintenant. Sans savoir pourquoi, il continua sa route sans hésiter avec plénitude et malaise. En marchant, il se retourna sans arrêter. Les fillettes le regardaient encore.
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 19 Juin - 2:25

la suite bientot lol
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 19 Juin - 11:29

il me plait bien simon, je suis d'ailleurs entrain de tout relire depuis le début ^^

ça me donne aussi envie de réflechir à une couverture, si un jour ça sort en bouquin ^^
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 19 Juin - 13:59

ben tu fais ce que tu veux mon chti pinou mais je pense pas que ça sorte en bouquin lol.
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MessageSujet: Re: Capsule et spirale ( fin de la 1ère partie)   Lun 26 Juin - 17:51

me suis relu peut etre trop rapidement. Donc mille pardons pour les fautes ^^
---------

La première somnolence.

Il était devant la porte de sa chambre. Il ne pouvait s’empêcher de repenser à sa rencontre avec les jumelles. À vrai dire, plus rien n’avait d’importance à ses yeux. Il voulait seulement savoir l’objet et le but d’une telle rencontre. Elle était si énigmatique, si ambiguë et quelque part, tellement naturelle. La nuit était tombée depuis longtemps et Simon était toujours devant sa porte. Non loin se trouvait la chambre de ses parents et de sa place, le jeune garçon entendait les renflements graves de son père et les paroles de sa mère. Chaque nuit, elle parlait, quelquefois hurlait. Ce qu’elle disait n’était jamais compréhensible. On aurait dit différents moments de la journée mis bout à bout à la manière d’un puzzle. Le tout donnait une phrase inquiétante, directement sortie de l’inconscience ténébreuse.
Cette nuit-là, il lui semblait entendre, « ignorer est pire que nier ». Simon ne chercha pas à comprendre, il ne voulait pas tenter de relier cette phrase à un contexte ou à un moment. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de s’interroger, ne serait-ce qu’un bref instant, pourquoi cette phrase ?
Il était toujours devant sa porte. Il la regardait, la contemplait. Ce n’était qu’une porte se disait-il. Et il avait raison, ce n’était vraisemblablement qu’une porte mais cette nuit-là, elle le dérangeait. Simon était devant sa porte lorsqu’il vit un bout de papier passer sous celle-ci. Il y eut d’abord un moment d’effroi pendant lequel son cœur donna une pulsation violente. Puis, plus rien, seul restait une profonde satisfaction. Le jeune homme se baissa et ramassa le papier plié. Sa main moite laissait deviner une anxiété grandissante. Sans raison aucune, il lut ce qui était écrit à haute voix, comme pour mieux s’imprégner de chaque mot. Ce qu’il lisait ne lui était pas inconnu : « Ignorer est pire que nier »
Cette phrase qui venait de la bouche somnolence de sa mère se retrouvait soudainement entre ses doigts. Elle avait voyagé dans l’air endormi et sans savoir pourquoi, elle avait atterri là, sous cette porte.
Simon est à présent dans sa chambre.

Les fenêtres y étaient fermées mais inexplicablement, les rideaux voltigeaient gentiment donnant un air spectral à la pièce. Il y avait aussi cette couleur bleue qui assombrissait lumineusement chaque recoin.
Simon est maintenant assis sur le rebord de son lit. Il regardait le sol et s’interrogeait sur ce mot. Qui aurait pu l’écrire hormis sa mère ? Il la voyait mal mettre au point une telle mascarade mais compte tenu des circonstances, c’était la seule hypothèse valable. Tout à coup, une voix vint rompre sa réflexion.
« C’est notre mot »
Simon posa son regard sur la fenêtre qui lui faisait face. C’étaient les deux jeunes filles. Elles se tenaient derrière la fenêtre et portaient avec elles une attente stérile. Personne n’aurait pu l’expliquer, mais Simon était heureux de les voir. Il ne voulait qu’une chose, les écouter.
« Enfin, tu te décides à nous entendre »
« Tu nous crois réelles ? Pas vrai ? »
« Bien sûr qu’il le croit »
« Soit attentif à ce que je vais te dire Simon. Demain, des personnes sonneront à ta porte, écoute-les ! »
« Elle a raison de te prévenir, écoute-les attentivement. »

Après ces paroles, la couleur bleue disparut pour laisser place à un noir profond. Seul le papier était devenu mystérieusement bleu et même dans l’obscurité totale, Simon arrivait à lire l’encre noire posée sur ce bout bleuté. Le message avait changé :
« Tu as le droit de nier ce que diront ces personnes. Mais ne les ignore pas »
Sans raison particulière, il désirait rester au bord de son lit. Il regardait encore la fenêtre et avait déjà oublié le papier et le message qui y était inscrit. Il contemplait la verdure obscurcie de quelques plantes non loin lorsque son corps devint lourd, s’enfonçant toujours plus dans sa couette. Le sommeil l’attaqua doucement d’abord, puis il abandonna. Le jeune garçon était apparemment déjà endormi. Certes ses yeux étaient ouverts, mais tout son corps faisait penser à une marionnette délaissée. Il y avait un manque de vie qui planait tout autour de lui. On aurait dit un somnambule paralysé. En vérité, ce qu’il était, ce n’était ni plus ni moins qu’un jeune garçon dans un état de somnolence, enveloppé dans un léger sommeil. Il resta ainsi toute la nuit et ce ne fut qu’à l’aube, lorsque les premières lueurs du soleil attaquèrent ses yeux restés ouverts, qu’il se réveilla.
À peine eut-il le temps de s’étirer que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il se précipita avec naïveté vers celle-ci sans même se demander qui, à cette heure-ci, pouvait se trouver derrière.
La porte n’était pas fermée, Simon avait oublié de donner un tour de clef en rentrant dans la soirée. Il ouvrit cette dernière avec un geste emplit d’entrain comme seuls les enfants savent le faire. Devant lui apparut alors deux personnes, un homme et une femme, tous deux lui tournant le dos. L’homme portait un semble original composé d’une veste et d’un pantalon noir à rayures blanches. Il avait un chapeau marron, très classique, et une canne dont il avait l’air fier. Quant à la femme, c’était une bonbonnière. Habillée exclusivement en orange, elle dégageait un air puéril néanmoins trahit par ses quelques cheveux gris. Le couple resta de dos et, à l’unisson, parla de Simon à la troisième personne.
« Il est venu nous ouvrir, peut-être ne nous ignore t-il plus. Peu importe, ce garçon ne nous regarde pas, il nous scrute sans émotion. Un être avec si peu de sincérité ne mérite pas notre attention. »
Les deux individus s’éloignèrent sans arrêter de parler. Avec la distance, leur voix commençait à pousser dans les aigus jusqu'à devenir celle d’une petite fille.
« Il n’a pas changé, nous y avons mis tellement d’espoir »

« Que fais-tu devant la porte. Nos invités sont arrivés depuis quelques minutes déjà. Vient les saluer, tu nous fait honte. »

Les parents de Simon les avaient invités dans le petit salon où quatre voltaires étaient disposés en cercle, avec au centre une table basse prête à accueillir les rafraîchissements.
« Laissez- moi vous présenter notre fils, Simon. Excusez-le, il est assez réservé »
« Ce n’est rien, ne vous en faites pas. La timidité à cet âge, c’est naturel. »
« Simon, vient asseoir entre ton père et moi. Nous t’avons fait venir une chaise »

Il y eut d’abord un silence, tous se regardaient dans les yeux. Aucun regard ne s’abaissait par politesse. La mère de Simon prit la parole pour briser la lourdeur ambiante.

« Votre robe est des plus séduisantes. Je l’ai tout de suite remarquée. »
« Merci. À l’origine, elle a été confectionnée pour le théâtre mais par le hasard des choses, j’ai pu me la procurer. J’aime la porter, j’ai l’impression d’être un spectacle ambulant. Un brin de fantaisie ne peut pas nous faire de mal. Qu’en pensez vous ? »
« Bien entendu, et quel est le titre de la pièce dont laquelle on aurait pu admirer cette robe orangée ? »
« Je n’en ai aucune idée, la pièce n’a pas été jouée et je ne m’intéresse que trop peu au théâtre pour retenir le titre d’une représentation. Je crois que la comédienne principale est tombée malade ou une infortune de ce genre. »
« Un coup de chance pour vous. »
« Certes, mais cela est regrettable car la pièce était des plus attendues en ville. Enfin, c’est ce qu’y m’a été rapporté. »
« J’ai entendu parler d’une autre pièce très….. comment dire….. nouvelle »
« Oui, il s’agit Des Jeunes Filles De l’Aube. Mes voisins m’en parlent sans cesse mais ils n’arrivent pas à me donner leur sentiment, ils ont l’air mitigés quant à la qualité de cette pièce. J’ai l’impression que les gens deviennent de plus en plus indécis de nos jours, s’il y a bien un sujet où il est facile d’avoir un avis, c’est bien l’art. Vous ne croyez pas ? «
« Si, vous avez certainement raison »

Il y eut à nouveau un silence, bien plus oppressant que le premier. Simon, quant à lui, se délectait de ces moments de solitude collectif. Tout à coup, quelqu’un frappa à la porte.

« Simon, c’est probablement le facteur, va lui ouvrir »

Il alla vers la porte les pieds emplis d’épuisement. Lorsqu’il ouvrit, il tomba à nouveau sur les deux invités, de dos encore une fois. Il eut simultanément peur et envi de rire. À l’unisson, ils dirent :

« Ramasse l’enveloppe bleue à nos pieds »

Simon s’exécuta et déchira violement l’enveloppe. À l’intérieur se trouvait un bout de papier, similaire à celui trouvé dans sa chambre. Il y était écrit :

« C’est l’aube, elles sont parties. Tu les as ignorées, ne nie pas »

Il releva la tête après lecture, ils n’étaient plus là.

" Simon, que fais-tu devant la porte mon chéri ? Ce n’est que l’aube, va donc finir ta nuit. »

Il se retourna vers sa mère et parti en direction de sa chambre. En passant à côté d’elle, il sentit les bribes matinales et odorantes de son parfum aux clémentines.


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